La prochaine fois je viserai le coeur

Cedric Anger signe ici son troisième film, avec en vedette Guillaume Canet. La scène d’ouverture du film vous met tout de suite dans l’ambiance:  Franck tente de renverser une jeune fille dans la rue, lui dans sa voiture et elle sur son vélo. Nous sommes dans les années 70, cet homme n’est autre qu’un gendarme dans la région de l’Oise et cette agression ne sera pas la dernière. C’est l’histoire de cet homme que Cédric Anger nous fait suivre. Ce gendarme modèle qui va tuer des jeunes filles et qui va en même temps participer à l’enquête policière qui essaie de l’attraper. Un gendarme qui prend très à cœur l’enquête à tel point qu’on peut se demander si son plus grand rêve n’aurait pas été de réussir à s’attraper lui-même. Cette double casquette (si je peux m’exprimer ainsi), va le mener dans des situations très improbables, comme des courses poursuites avec la police. Ces dernières, très spectaculaires, le sont encore plus quand on sait qu’elles se sont réellement passées puisque cette histoire est une histoire vraie, celle d’Alain Lamare, un gendarme donc, résidant dans l’Oise, qui a semé la terreur pendant presque un an dans les années 70.

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A travers ce portrait, Cedric Anger tente de mettre en évidence la psychologie de ce personnage. Ce tueur qui paradoxalement a peur de tuer…c’est ce qu’on ressent très bien dans le film. Et pour cause, dans la vraie vie cet homme avait aussi un besoin de tuer mais bizarrement, ne prenait pas de plaisir à le faire, il hésitait, il avait peur…

C’est un choix audacieux de rentrer dans la tête d’un tueur qui a terrifié les habitants du Nord de la France, et il est en partie réussi. J’ai même éprouvé de la sympathie pour ce gendarme malgré ses crimes. Petit bémol: même si on rentre dans la psychologie du personnage, aucun indice, aucun signe ne nous permet de comprendre son action, mais peut-être est-ce parce que lui-même ne le savait pas et qu’il n’a jamais expliqué ses actions. En effet, Alain Lamare (l’homme qui a inspiré le film) a été déclaré irresponsable de ses actes et souffrait d’une forme rare de schyzophrénie.

En dehors des crimes du gendarme, le réalisateur a aussi choisi de se concentrer sur la relation amoureuse qu’entretient le gendarme avec une jeune fille jouée par Ana Girardot. Une relation spéciale qui tente ici aussi de révéler la psychologie du personnage. J’ai cependant trouvé que certaines scènes étaient un peu de trop, et n’apportaient rien à l’histoire. Autre point faible : à force de se concentrer sur le tueur, les personnages secondaires ont été un peu oubliés, tout comme l’enquête. Cela aurait été intéressant en sachant que le tueur était un gendarme, d’en savoir plus sur l’enquête qu’il a mené sur lui-même.

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Comme dit plus haut, le film s’est inspiré d’une histoire vraie, celle d’Alain Lamare. Etant très attirée par ce genre d’histoire et une grande fan de Faites entrer l’accusé, je suis allée voir s’il y avait un épisode à ce sujet. J’avoue que j’ai beaucoup plus appris sur le personnage à travers cette émission, notamment un fait très intéressant pour expliquer la psychologie du personnage: son âge. En effet, le gendarme n’avait que 23 ans, un fait important qui malheureusement ne se retrouve pas dans le film puisque l’acteur principal est plus âgé, ce qui donne un nouvelle dimension à l’histoire.

Le réalisateur a donc choisi une autre interprétation pour cette histoire, en choisissant un acteur plus âgé mais aussi en romançant l’histoire d’amour du personnage principal. Interprétation qui je dois le dire m’a séduite!

Sortie en salle le 12 novembre 2014

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Passionnée par l'écriture, j'ai fait des études de journalisme et me voilà maintenant journaliste freelance et rédactrice (c'est un peu comme une vie de saltimbanque avec de la déontologie et un peu de sérieux en plus!). Parfois aussi je prends ma caméra et j'arrive même à en faire des reportages.

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