Chaque soir à onze heures

Willa est une adolescente de seize ans baignant dans le milieu de la jeunesse dorée parisienne. Une mère dans l’événementiel, un père artiste, un petit copain qui est aussi le frère de sa meilleure amie… Willa est une jeune fille pétillante à qui la vie sourit. Pourtant, lorsqu’elle rencontre à la soirée d’anniversaire de sa copine Fran un certain Edern Fils-Alberne, elle ne se doute pas que son quotidien s’apprête à changer. Car la famille du mystérieux Edern, à l’instar du manoir dans lequel ils vivent, semble cacher de lourds secrets. Dans quelles circonstances les parents Fils-Albern ont-ils réellement disparu ? Qui sont ces personnes qui en veulent visiblement à la vie de Willa ? Et que se passe-t-il, chaque soir, à onze heures, dans la vieille demeure délabrée ?

Chaque soir à 11 heures intérieur

Chaque soir à onze heures est l’adaptation en bande dessinée d’un roman de littérature jeunesse du même titre, écrit par Malika Ferdjoukh. Et il faut reconnaître que l’objet est plutôt joli. Le trait de Camille Benyamina, quoique parfois peu figé dans la façon de dessiner les poses des personnages, arrive pourtant à donner beaucoup de caractère à ces derniers, et à les faire évoluer dans des décors plutôt réussis. Les couleurs, magnifiques, achèvent de donner à l’ouvrage une ambiance indéniable. On sera en revanche un peu plus sceptique en ce qui concerne l’histoire, au final assez banale (un triangle amoureux doublé d’un secret de famille qui, dans les dernières pages, donne un petit côté thriller à la bd), et surtout assez mal découpée : les ellipses d’une page à l’autre, nécessaire pour caser en moins de 90 pages un récit qui en comptait à l’origine 400, rendent le récit parfois assez confus. On pourra regretter, également, que les personnages soient au final assez stéréotypés (le beau brun ténébreux, la rousse dévergondée, la gentille petite fille aveugle…), même s’il s’agit sans doute là d’un héritage des codes (discutables) de la littérature adolescente.

Un très beau livre sur le plan visuel donc, mais au récit finalement assez creux et maladroit.

Camille Benyamina et Eddy Simon, Chaque soir à onze heures, Casterman, 96 p. 18 €

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Passionné de cinéma, de bandes dessinées en tout genre et de littérature de science-fiction, quand je n’alimente pas mon propre blog j’essaie de faire un peu d’histoire…

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