Superflus, premier roman d’Hugo Poliart

Superflus, tel est le nom du premier roman de Hugo Poliart, paru en octobre 2015 chez Academia-L’Harmattan, qui est tout sauf une lecture superflue ! Caractérisée par son rythme et son humour, l’intrigue est essentiellement centrée sur un personnage principal, Victor Daller, qui s’apprête à laisser sa vie derrière lui, pour embrasser une existence nouvelle, plus palpitante, dépaysante et épanouissante. Dans un monde où chacun se sent toujours plus seul (et que l’auteur décrit de façon assez caustique), il n’est en rien épargné, au contraire (célibataire, sans proches ni passions, occupé par un emploi peu épanouissant,…). Sa vie s’avère en fait assez vide, excessivement banale, ce qui le conduit à saisir cette opportunité d’en changer. Il s’envole ainsi à l’autre bout du monde, en quête d’un ailleurs et en fuite d’un ici, premier pas d’une transition jugée nécessaire à sa transformation définitive et totale. Un parallèle amusant avec la propre histoire de l’auteur se dessine, lui qui a quitté son emploi pour partir écrire un premier livre à l’étranger (et également changer de vie ?). Il mélange avec un certain entrain sa propre trajectoire biographique récente et celle de son personnage, en empruntant à la réalité pour nourrir la fiction, et inversement.

Les bouleversements soudains et majeurs de son existence ne vont pas se faire sans mal et Victor va entamer un périple qui ne sera pas de tout repos et le conduira à aller à la rencontre des autres, mais aussi de lui-même. Les belles descriptions des ambiances locales et colorées de la Colombie stimulent l’envie d’aller y faire un tour, tandis que l’histoire, qui aurait pu se cantonner au registre de l’humour ou à celui de l’aventure biographique, s’avère rapidement virer au thriller, imposant un rythme semblable à celui qui anime, par exemple, les romans de l’Américain John Grisham (en moins sombre, cependant). Aidé par une écriture faussement naïve et légère, l’auteur traite de questions importantes et difficiles, telles que le sens de nos vies, la paralysie de nos sociétés, la justice sociale ou la responsabilité individuelle. Sur la forme, le livre est en lui-même un objet assez étonnant et amusant, puisque différents types de narrations et de mises en page s’y succèdent, ce qui se traduit notamment par des « pauses » qui prennent la forme de pages d’un carnet où le personnage principal s’exprime lui-même directement par écrit, ce qui lui permet, en couchant ses idées et ses sentiments sur papier, d’y voir plus clair sur les changements qui affectent sa vie et sa personne.

Cette habilité avec laquelle l’auteur alterne entre un certain surréalisme et des sujets sérieux est agréable à lire et, ce qui ne gâche rien, lui a également permis d’être en course parmi les dix finalistes pour le Prix Prem1ère 2016, qui est décerné par les auditeurs de la radio La Première. Si, comme moi, vous appréciez l’humour et l’écriture d’Hugo Poliart, n’hésitez pas à découvrir son blog, où il commente l’actualité de façon succincte, mais toujours avec une bonne dose de justesse. Sourires assurés ! Il faut dire qu’il n’en est pas à son coup d’essai, vu que les internautes-lecteurs-enrecherchederaisonsdevagabonderenligne lui devaient déjà 13lignes. Pour vous faire une idée sur ce roman et vous donner envie de le lire, jetez un œil à ces quelques pages où le personnage principal se raconte et s’interroge :

 

 Superflus, d’Hugo Poliart, Academia-L’Harmattan (collection « Livres libres »), 185 p., 18 €. ISBN : 978-2-8061-0248-5.

 

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Je n'aime pas parler de moi. Ce qui ne devrait pas être un problème vu que c'est peu probable que vous vouliez lire sur ce sujet. Par contre, j'aime bien écrire sur tout ce qui suscite ma curiosité, m'amuse ou m'interpelle. Parfois aussi les trucs que j'aime pas, pour vous mettre en garde, ou vous effrayer. Dur à dire.

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