Tatouage à fleur de style

Il y a ceux qui franchissent le pas. Osent et s’offrent une parure à l’indélébile. Un bijou impérissable. Et puis il y a ceux qui y songent, fantasment, s’imaginent des motifs et des messages à se graver pour contrer l’éphémère.

Je rejoins cette deuxième catégorie. Je n’ai pas de tatouage. Pas encore, du moins. Je dépoussière de temps à autre l’idée de ce petit paragraphe sur les côtes. J’admire ceux qui se lancent, et pas seulement d’affronter la douleur. Je suis une fille coquette, je sais qu’on peut déplacer des montagnes de douillèterie pour être jolie. Mais de penser se connaître assez pour jurer sur l’immuable. Comme si l’on s’engageait pour porter indéfiniment la même paire de boucles d’oreilles. La même coiffure ou un unique vernis à ongles. Moi qui un jour sur deux me demande pourquoi j’ai acheté cette blouse ou quelle lubie m’est passé par l’esprit pour investir dans cette robe et qui tripote l’option d’un coupage de cheveux depuis trois mois, je ne pourrais pas. Pas encore. A moins de choisir d’inscrire des noms. Mais cela va à l’encontre de ma vision.

De la tendance que j’ai à croire qu’un tatouage doit être un art. Corporel, personnel, mais toujours créatif. Ou une représentation de notre moi intérieur. Et je suis encore une page trop inachevée, à peine un petit texte plein de ratures, que pour pouvoir m’inscrire dans l’existence par le nom des autres, même de ceux pour qui je donnerais tout. Je rêvasse donc en attendant le moment ou je franchirai le pas, dans un élan de folie, de certitude ou sous influence de l’alcool, ce sera à voir. Je suis les tendances dans le domaine et les récentes modes, quoique parfois contestées, ont le don de faire encore plus battre mon petit coeur à l’encre (sauf la dernière, sic).

Le tatouage blanc
Délicat est le mot. Qu’il s’applique au résultat, garanti fin, discret, voir presque imperceptible, ou au procédé et au motif employés. Et aussi joli qu’il soit, il n’en est pas moins controversé, au point que certains tatoueurs refusent de le pratiquer. En cause? Son côté expérimental d’abord. Issu d’une mode récente (à peine une quinzaine d’années) et contenant de l’aluminium ou du dioxyde de titane, on n’en connaît pas avec certitude la toxicité. Ni le vieillissement. Si certains se plaignent d’un effet jaunâtre au bout de deux ou trois ans, d’autres pointent une évolution qui vire à un look tissu cicatriciel ou scarification. Ensuite, parce qu’il ne convient pas à toutes les carnations, étant recommandé aux peaux claires, ni à tous les dessins. Ce qui offrirait un effet dentelle ultra féminin en noir, peut sembler brouillon voire incompréhensible en version blanche. Il nécessite aussi un plus long temps de travail, ayant plus de difficulté à s’imprimer dans l’épiderme. Mais, si tous ces possibles désavantages sont à prendre en compte, il n’en demeure pas moins original, élégant et parfait pour celles qui comme moi rechignent à du trop voyant et préfèrent un effet tout en subtilité.

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Le tatouage graphique
Quoi que le terme soit assez généraliste, il vise ici à évoquer une catégorie de dessins abstraits, ou géométriques, tirée de la peinture moderne. On y retrouve un mélange d’influences d’art contemporain et de streetstyle. Un trait racé, un mix de figuratif et de chaos en sont souvent l’emblème. Il s’agit de confier sa peau à un designer, un créateur ayant fait du tatouage, un support d’œuvre, au même titre qu’une toile ou un matériau solide.

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Le tatouage aquarelle
Une esquisse vivante, une petite œuvre avec l’aiguille en pinceau futuriste. Tout y est technique, mélange de transparence, de dégradé et de nuance. De quoi briser les codes du tatouage classique, comme ceux de la peinture, en un résultat brouillon savamment étudié. La technique se prête bien aux paysages, animaux et ambiances fleuries. De quoi renvoyer dans les cordes, d’un bon uppercut visuel, ceux qui osent encore dire que le tatouage n’est pas un art.

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Tatouage zone étrange
Pigmentation des yeux aux USA, des dents au Japon, la nouveauté tient ici au contexte et à l’emplacement. Le premier consiste à injecter de l’encre sous la conjonctive (la membrane qui recouvre le blanc de l’oeil) grâce à de toutes petites aiguilles et sans anesthésie (oh joie de la souffrance). Le deuxième, lui non douloureux, se pratique en 30 minutes chez un dentiste et remplace la mode, déjà non moins absurde, des bijoux sur la mâchoire. Dans les deux cas, il s’agit d’un produit chimique, injecté en profondeur dans une zone sensible et réactive, sans certitude des effets que cela va produire. On imagine sans peine les infections oculaires et les pertes de canines pleuvoir dans les années à venir.

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Barbara, vingt ans et quelques années supplémentaires. Graphiste, rédactrice web freelance, responsable communication. Folle amoureuse de la mode, du design, de la culture. Bloggeuse passionnée et catastrophiquement maladroite.

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