The Age of Adaline : une ère qui ne fait ni chaud, ni froid

C’est l’histoire d’un visionnage sans le moindre préjugé. De The Age of Adaline, je ne connaissais ni le synopsis, ni le réalisateur et encore moins le casting. On m’avait bien chuchoté à l’oreille qu’il y avait Blake Lively dedans. Mais n’ayant jamais vu Gossip Girl, il était difficile de s’enthousiasmer (ou non) de cette présence. Donc, je suis rentré dans la salle avec une attitude neutre. C’est d’ailleurs à peu près avec le même état d’esprit que j’en suis ressorti.

Comment résumer The Age of Adaline ? Alors qu’elle rentre chez elle en voiture un soir de 1938, Adaline Bowman (Blake Lively) est victime d’un accident de la route suite à des conditions climatiques exceptionnelles (des chutes de neige suivies d’un orage). Au lieu de mourir, la jeune femme voit son métabolisme s’arrêter et par-delà son vieillissement. Depuis ce jour, elle traverse les époques en multipliant les identités et les histoires qui y sont rattachées. La présence de sa fille constitue le seul point d’ancrage au sein de ces mensonges répétés.

Lorsque le spectateur la rencontre pour la première fois, Adaline est archiviste dans un bureau de New York. Et comme un écho à son actuelle profession, le film se transforme rapidement en une exhumation minutieuse du passé de l’héroïne. Du bal du Nouvel An aux amourettes forcément temporaires en passant par la descendance du chien au fil du temps, rien ne nous est épargné. Dans un sens, on en serait presque ravi tant l’exceptionnel soin donné à la reconstitution des différentes époques est ici à souligner. Le problème, c’est que cette exhaustivité se révèle à certains endroits comme trop complète et alourdit le long métrage au point d’en brouiller les enjeux essentiels. En effet, un nombre incalculable de détails se succèdent, ces derniers flirtant parfois avec le trivial et fréquemment, il faut bien le dire, avec l’inutile. On pourra évidemment interpréter ce (trop long) préambule comme on le souhaitera (une volonté de ressenti temporel identique à celui d’Adaline?), toujours est-il que ce dernier, de par sa nature même, peine à susciter l’intérêt et à justifier la première heure de film.

Cette sensation est heureusement en partie corrigée durant les soixante minutes suivantes, au moment où l’on fait la connaissance de William Jones (Harrison Ford), un ancien amour d’Adaline, le seul à qui elle avait révélé son vrai nom avant de lâchement l’abandonner alors qu’il s’apprêtait à la demander en mariage. Banale au première abord, l’apparition de ce personnage va toutefois permettre de donner un peu de relief au long métrage ainsi qu’au petit ami actuel de notre éternelle héroïne, à savoir Ellis Jones (Michiel Huisman).

C’est qu’entre ce mari qui fête ses quarante ans de mariage dans la nostalgie d’un amour perdu et sa progéniture désireuse de fixer le temps avec Adaline naît petit à petit un malaise qui se mue rapidement en tension. On sait en effet que William, à la faveur de ses souvenirs de jeunesse, va découvrir la véritable nature d’Adaline mais on ignore quand et dans quelles circonstances… Une incertitude qui apporte un dynamisme bienvenu au fil narratif pour s’achever sur une conclusion logique mais prévisible : un nouvel accident pour l’héroïne, similaire à celui qu’elle eut 80 ans plus tôt et qui lui permettra désormais de vivre une vie normale, dans tous les sens du terme…

Inégal. Voilà le seul avis tranché que je pourrais donner à propos de ce long métrage. Inégal de par son casting qui alterne les performances intéressantes (Ford, Lively) et celles plus anecdotiques (notamment Michiel Huisman). Inégal de par son histoire qui est partagée entre moments intéressants, nécessaires et inutiles. Inégal de par son rythme pour les raisons évoquées au paragraphe précédent. Au final, il y a du bon et du moins bon dans The Age of Adaline. Difficile de faire plus neutre.

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Rédacteur occasionnel sur plein de choses culturelles.

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