The Prodigy – The day is my enemy

Toute personne née dans les années 80-90 se doit de connaître le groupe électronique anglais The Prodigy.

Avec The Chemical Brothers, Fat Boy Slim et Massive Attack – pour ne citer que les plus connus – The Prodigy fait partie des groupes cultes de la génération Y.

C’était leur musique qui résonnait dans nos walkmans et nos premiers MP3. Le fait que nous étions un peu jeunes quand leur album phare  – Fat of the land – est sorti rendait la chose encore plus intéressante, on écoutait un « vieux » disque, approuvé par nos aînés. La musique puissante de The Prodigy fut pour moi une révélation musicale et – je l’avoue – synonyme de beaucoup de danses devant mon miroir d’adolescente. Ce groupe m’a aussi permis de répondre avec beaucoup de sérieux à la question clé de cette période de ma vie :

« Tu écoutes quoi comme musique ? »

« De l’électro »

« Trop la classe»

Voilà pour la nostalgie.

Avec des albums cultes tels que Music for the jilted generation, Fat of the land et des singles aussi marquants que Breathe, Voodoo People et Fonky Shit, le groupe a donc marqué toute une génération – ma génération. Plus de dix ans après son apparition, le groupe est toujours actif sur la scène musicale et arpente les scènes des festivals – leur lieu de prédilection – à travers le monde. Le succès est toujours au rendez-vous. Mais est-ce dû à un réel talent créatif de leur part ou à une certaine nostalgie de ma génération ?

Leur dernier album studio en date s’intitule The Day is my enemy et me laisse avec des sentiments contradictoires.

D’abord de la joie. The Prodigy est un de mes groupes préférés. Leur musique ne vieillira jamais. Je danse encore dessus, je la réécouterai quand je serai adulte et responsable – non ce n’est pas encore le cas – et je la ferai écouter à mes enfants. Je suis donc très heureuse qu’ils continuent à produire des albums, même s’ils ne sont pas excellents, même si je sais qu’ils n’arriveront pas au niveau de Fat of the landAvec The day is my enemy, les choses s’annonçaient plutôt bien.

À première écoute, l’album est un retour aux sons un peu crade et simplistes de Fat of the land tout en ayant quelques morceaux plus brouillons et complexes comme ceux de Music for the jilted generation. Après l’album Invaders must die plus dansant et propre dans la composition, la perspective d’un album plus sombre et « brouillon » ne me dérangeait pas du tout, que du contraire.

Le morceau The day is my enemy ouvre le bal et c’est tout à son honneur. La chanson, s’ouvrant sur des percussions puissantes et accompagnée d’une voix lancinante féminine pourrait être le générique d’ouverture d’un film d’action ou d’un jeu vidéo. Du « pur » prodigy. Cette petite perle nous incite à écouter l’album en entier. Quelle plaisir de retrouver ce son !

Mais très vite la joie de la première écoute est malheureusement remplacée par de la déception. A part les morceaux : The Day is my Enemy, Ibiza, Beyond the Deathtray et Medecine, mes oreilles se lassent vite du son plus que répétitif de l’album.

Avec ce dernier, on sent que le groupe a voulu revenir à son son d’autrefois. Mais on ne peut pas prétendre faire un bon album avec des sonorités qu’on a déjà créées il y a une dizaine d’années, qui ont été reprises par des centaines d’autres groupes, sans y ajouter une touche originale. A leurs débuts, l’originalité résidait dans l’irrévérence du groupe, dans son côté punk et décalé. Maintenant…qui sait ?

The prodigy
Allez, un petit effort les enfants!

Ce qui dérange surtout, c’est la longueur des chansons et leur nombre.

C’est bien simple, l’album, avec ses 14 titres et d’une durée de 57 minutes, est long. Bien trop long. A vrai dire, cela n’a rien à voir avec la longueur des chansons. Je suis une grande fan de Massive Attack et les morceaux à rallonge ne me font pas peur. On ne blâmera pas le côté répétitif des beats, c’est un peu la marque de fabrique du groupe. Non, c’est bien le manque de créativité dans la composition des chansons qui dérange et rend l’écoute lassante. Au lieu de créer 14 morceaux similaires, pourquoi ne pas créer en moins mais avec un contenu plus intéressant ? Pour être tout à fait franche, mon cerveau, lassé, oublie à quoi ressemblent les chansons une fois passé le sixième morceau. Pourquoi ? Parce qu’elles se ressemblent toutes. Voilà, c’est dit. Ne me frappez pas.

Ceci dit, pour être tout à fait honnête, la musique du groupe est à écouter lors d’un concert, d’un festival. C’est là qu’elle prend toute son ampleur et son sens. Quand les baffles géants crachent les beats de The Prodigy et qu’on se retrouve à sauter partout au milieu d’une foule hystérique, on pardonne bien vite au groupe de faire des chansons un peu moins originales qu’autrefois.

Ce qui me mène à mon dernier sentiment à l’écoute de cet album : l’espoir. L’album n’est pas un chef-d’oeuvre en soi mais le fait que The Prodigy choisisse de revenir à ses sons originaux est, à mes yeux, une bonne nouvelle. Espérons qu’ils continuent dans cette voie tout en évitant de devenir une caricature d’eux-mêmes. 

Allez, le septième album sera meilleur et même culte. L’espoir fait vivre !

Merci à l’Ephélide pour l’écoute de cet album. The day is my enemy est en écoute libre sur Deezer.

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Laura, 28 ans, 1m55. Titulaire d'un diplôme loufoque : Sciences des religions et de la laïcité. Ecrit des articles non moins loufoques pour Culture Remains. Nourrit une passion pour M.I.A, le Théâtre de Poche, son chat, Edgar Allan Poe et les plantes carnivores. A toutes fins utiles, sachez qu'elle est très facilement corruptible si on lui offre à boire et à manger.

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