Le Trait d’Union au Théâtre des Martyrs

Après avoir tourné pendant deux ans dans les écoles belges, Le Trait d’Union, écrit et joué par Guillaume Kerbusch, s’ouvre au grand public au Théâtre des Martyrs. Bien que cette pièce ait été à l’origine écrite pour un public jeune, elle touche n’importe quelle personne ayant été victime des tourments de l’adolescence.

Simon, 15 ans, timide et renfermé, vit une vie ordinaire lorsque son monde bascule le jour de son anniversaire. Après « la dispute de trop », ses parents décident d’arrêter les frais et divorcent. Rongé par des émotions qu’il ne sait identifier, Simon va commencer à manger. Pas pour le plaisir d’un bon petit plat, non. Il va manger, manger, manger, compulsivement, sans arrêt, à se rendre malade. Il devient méchant, irritable, mais avant tout extrêmement malheureux. Son mal-être interne se voit maintenant à l’extérieur: Simon est gros et il déteste ça. Grâce à Pauline, une fille de sa classe, la seule qui semble le voir comme un être humain, il va se rendre compte, qu’il n’est pas qu’un corps, mais aussi une âme. 

Une mise en scène épurée

Alors que les spectateurs prennent doucement place, entre retrouvailles et rencontres, la scène est éclairée d’une lumière crue. On y voit un carré de trois mètres de long dessiné grâce à du scotch blanc sur le plancher noir de la petite salle du théâtre des Martyrs. La pièce entière se déroulera à l’intérieur de ces neuf mètres carrés, avec pour seuls décor une table et un écran. « Je voulais que la technique ne soit pas trop imposante, qu’on n’ait pas besoin de lumières ni trop de musique et enfin, grâce à un décor facilement transportable, on puisse jouer n’importe où », explique Guillaume Kerbusch, auteur et acteur de cette comédie douce-amère.

Le Trait d'Union
Guillaume Kerbusch (à gauche) et Denys Desmecht (à droite). Photo : Nicolas Bomal

Le trait entre l’union

Le trait d’union, c’est avant tout une pièce sur l’adolescence : les dialogues sont rapides, le rythme est effréné, la passion de Simon nous transperce et renvoie le spectateur à ses années de secondaire. C’est une pièce sur les drames, la façon de les vivre, la difficulté de mettre des mots sur des émotions aussi intenses que celles soulevées lors d’un divorce. Le divorce des parents à l’adolescence, c’est ce boulet de canon dans les fondations d’un être humain en construction. Qu’il soit « à l’amiable » ou des plus violents, il secoue l’identité même d’un enfant. Guillaume Kerbusch le dit « il n’est plus l’enfant du couple, ni de l’amour mais l’enfant de quelque chose qui n’existe plus », car Le Trait d’Union, c’est son histoire : « ma propre expérience face au divorce de mes parents m’est apparue évidente. Il était urgent de parler de ce sujet-là ».

Une pièce-thérapie donc, pour son auteur, comme pour ses spectateurs, qui sont invités à parler de leur propre expérience ou d’échanger sur la pièce, une fois celle-ci terminée.

Le Trait d’Union

Jusqu’au 11 février au Théâtre des Martyrs
De
: Guillaume Kerbusch
Mise en scène : Valentin Demarcin
Jeu: Denys Desmecht et Guillaume Kerbusch

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De nature pantouflarde, je mène une existence simple aux côtés de ma famille, composée de mon chat à trois pattes et de mon compagnon à deux bras. J’écris pour plusieurs raisons, mais la plus grande a si bien été mise en mots par un autre, que je ne peux que le citer : « Ce n’est qu’en écrivant que je me sens bien. J’oublie alors toutes les vexations de la vie, toutes ses souffrances, je me penche dans la pensée et je suis heureux. », Søren Kierkegaard. J’ai choisi des études de journalisme non pour la profession mais pour l’éventail de sujets à étudier. La connaissance est mon moteur. La culture, mon carburant. Films, séries, documentaires et littérature pavent mon quotidien.

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