Un carnet et deux petits garçons

La pièce intitulée The Notebook de la compagnie de théâtre Forced Entertainment n’a rien à voir avec le film où joue Ryan Gosling (N’oublie jamais, The Notebook en anglais). L’histoire d’amour à l’eau de rose écrite par Nicholas Spark est à mille lieues de cette représentation austère et très réaliste mise en scène par cette compagnie de théâtre britannique avant-gardiste.

The Notebook est une adaptation de la populaire nouvelle The Notebook écrite par la romancière Ágota Kristóf. Dans le livre, on fait la connaissance de deux frères jumeaux évacués vers la campagne hongroise durant la Seconde Guerre mondiale. Leur mère les envoie chez leur excentrique grand-mère dans sa misérable ferme. Mais les deux garçons ne sont pas comme la plupart des jeunes : en effet, ils refusent d’obéir à un adulte et créent leur propre impressionnante histoire.

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Dans cette version, mise en scène par Tim Etchells, ce sont résolument les deux hommes qui se chargent de la narration. Sur une scène vide, ils lisent leurs carnets respectifs. La scénographie: deux comédiens adultes assis côte à côte, portant les mêmes costumes, lisant d’une même voix et racontant leur histoire d’une seule double perspective. La scène se compose littéralement uniquement de mots. L’histoire qu’ils racontent est découpée en courts passages, des essais sur leur vie dans le petit village que les garçons ont noté dans leurs carnets. Durant les deux heures que dure la pièce, leurs récits sont sans ambages et passent de l’excentricité au troublant.

Les deux hommes, incarnés par Robin Arthur et Richard Lowdon, ne sont pas aussi innocents qu’ils en ont l’air. Leur façon de jouer donne la chair de poule et ne fait qu’accentuer leur étrange récit. Durant cet exposé de leur vie à la ferme qui fait froid dans le dos, le point de vue de leur public captivé se modifie. La guerre, c’est mal et ceux qui s’y laissent entraîner sont maudits de façon tragique. Mais cela tient-il la route ? Après avoir vu The Notebook (qui, malheureusement, dure un bon quart d’heure de trop), nos visions du bien et du mal sont sérieusement écornées.

Vu le 25 octobre 2014 au Kaaitheater

La compagnie Forced entertainment joue à travers l’Europe

Traduit de l’article A Notebook and two little boys écrit par Mixy

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