Y a encore du boulot… #Harcèlementderue

L’autre jour, j’étais totalement folle de rage. Pourquoi ? J’ai été victime de harcèlement de rue et le copain qui logeait chez moi à ce moment-là n’a rien trouvé de mieux que de me traiter d’hystérique. Mais revoyons la scène… Nous sommes sortis, rentrés vers minuit et demi, il s’éloigne 5 minutes sur le chemin pour faire le mec « et aller pisser » (sans commentaire si une fille essayait ça). Je traverse la place en l’attendant, il n’est pas spécialement tard pour ce quartier très étudiant et cosmopolite, je porte une petite robe mais pas spécialement décolletée ou découverte, un manteau bien couvrant, un béret. Rien donc qui soit supposé m’attirer des commentaires trop désobligeants.

Qu’est-ce que le harcèlement de rue ? Je ne suis pas la plus qualifiée pour l’expliquer. Je vous renvoie donc aux blogs de Diglee, de la youtubeuse Marion Seclin, du projet crocodile et j’en passe… Mais ce qui suit est un assez bon exemple :

Alors que je marche, je vois un type qui me regarde de loin : « Hey ! How are you doing ? ». Je souris vaguement, baisse la tête et fais un petit signe de la main censé indiquer ‘merci mais je ne suis pas intéressée’ (ma réaction habituelle en pareil cas). Sauf que le gars ne se décourage pas, s’approche de moi et lance, insistant : « Where are you going ? Can I come with you ? ». J’accélère le pas, en commençant à stresser parce qu’il semble bien parti pour tenter de me suivre. Je me sens vulnérable.

Mais le charmant homme mûr, sans doute satisfait de m’avoir vu avoir peur, s’éloigne. Ou alors il a vu mon ami, qui revenait vers moi. Dès qu’il est là, je m’accroche à son bras en fulminant que j’ai horreur de ça, et que le harcèlement de rue est vraiment une plaie pour nous, les femmes en règle générale. Ce à quoi, à ma grande surprise, il rétorque que j’exagère, que j’y accorde trop d’importance, que si ça ne me plaît pas je n’ai qu’à attendre 20 secondes et que ma vie n’aura pas changé. Il nie donc totalement l’effet négatif que ça peut avoir sur moi et sur ma vision de moi-même. En gros, c’est simple : pour lui, le harcèlement de rue n’existe pas, il ne s’agit que de réactions excessives de filles hystériques.

Au bout d’une discussion de plusieurs minutes, j’ai fini par me renoncer, vu que manifestement j’étais une harpie de féministe extrémiste. Et là, j’ai été envahie par une telle RAGE ! Une telle rage de me rendre compte qu’il reste un tel chemin à faire. La plupart de mes amis partagent mon point de vue sur le sujet et je n’ai donc jamais été confrontée à ce  bloc de mauvaise foi, parfois tout au plus à de l’incompréhension.

Et puis après tout, a-t-il encore dit, c’est un compliment ! Si je n’étais pas si coincée, je le prendrais comme tel. Ce commentaire, plus que le reste, m’a laissé avec une putain d’envie de rendre tout ce que je pouvais avoir avalé les dernières 24h. NON, ça n’a RIEN d’un compliment de se faire déranger en rue pour que quelqu’un vous fasse part de son opinion à votre sujet ! Comme l’a très bien dit la youtubeuse Marion Seclin dans sa vidéo « T’as été harcelée mais » (à regarder !), ce n’est pas parce que je n’aime pas les sarouels que je vais en faire part aux personnes qui en portent dans la rue. Je ne les connais pas, ils font ce qu’ils veulent, et surtout ça ne me concerne pas. Et que ce commentaire soit positif ou négatif, ça ne change rien !

Parfois, dans de très rares cas, ça peut mettre du baume au cœur. Une journée de merde, et d’un coup un type plutôt mignon te dit juste « waw », te sourit et passe son chemin, ben oui il m’arrive de bien le prendre, parce que parfois ça peut faire du bien de savoir qu’on plaît. Mais même si cette fois-là, je peux le prendre comme un compliment parce que je suis dans le bon état d’esprit, ça va m’énerver à un autre moment. Et soyons honnêtes, des mecs qui s’en tiennent à ça, il y en a peu.

Tout ça pour dire… il y a encore du boulot. Cet ami que je considérais (et considère toujours) comme quelqu’un d’ouvert, qui croit à l’amitié homme-femme, qui est capable de dormir près de toi sans y voir une invitation, pense encore comme la majorité des hommes (c’est-à-dire comme au Moyen Âge ou presque !). Bien sûr, ça ne s’arrangera pas en un jour. Mais si on ouvre les yeux, et qu’on réalise que c’est problématique, et surtout qu’on modifie l’éducation des garçons comme des filles pour leur apprendre qu’un tel comportement n’est pas tolérable, on peut espérer que la prochaine génération arrivera à l’âge de 25 ans sans jamais avoir dit/entendu une remarque sexiste en rue « parce que c’est un compliment ».

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Hello! Jeune femme de 25 ans, professeur d'anglais - néerlandais au passage, et passionnée par la vie, les voyages, la lecture... J'aime écrire sur tout ça et partager mes impressions.

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