Zidrou et Mai promènent leurs rêves dans une nuit de Bande Dessinée

Zidrou! Ce nom, ce pseudonyme, à lui seul peut me faire ressentir bien des émotions. Autant de bons souvenirs de lecteurs de bandes dessinées. Les années Spirou bien sûr, avec Oscar Pluche ou les Crannibales. Ducobu, aussi, quand, de mon banc d’école, je rêvais à un squelette du coin de la classe qui pourrait un jour parler et me pousser à faire mille et un coups.

Puis, il y a eu des émotions de lecteur plus adulte, quand Zidrou a fait prendre à mes yeux les poussières de l’époque charmante et révolue de La Mondaine, avant les frissons de ce conte aussi horrible que magnifique qu’est les 3 Fruits. Aujourd’hui, c’est en promeneur de l’après-minuit que le prolifique (au sens noble du terme, tant il fait plus dans l’originalité que dans la surproduction implacable) scénariste revient avec Les Promeneurs sous la Lune, un conte où les rêves prennent le pouvoir. Et les images de la toute jeune Mai Egurza font le reste.

Les Promeneurs sous la Lune Zidrou Egurza sommeil

Synopsis: Napoleon Carvallo mène une vie tranquille dans une petite ville catalane jusqu’à ce qu’une nuit, il se réveille dans le lit de Linh, une inconnue du quartier, sans avoir aucune idée de comment il est arrivé là. Les choses deviennent de plus en plus étranges lorsque cette aventure se répète plusieurs nuits de suite ! Linh accepte de ne pas porter plainte à condition que Napoleon consulte un spécialiste du sommeil… nos héros ne sont pas au bout de leurs surprises : serait-il possible que toute la ville soit prise d’une étrange épidémie de somnambulisme ?

Les Promeneurs sous la Lune Zidrou Egurza encore

Et, chance!, j’ai pu rencontrer Mai et Zidrou lors d’une harassante journée de presse. Harassante mais avec le plaisir intact de parler de cette nouvelle oeuvre fascinante, réveillant le gosse qui sommeille en nous.

Interview avec deux auteurs enthousiastes et très enthousiasmants. À noter que si Mai m’a répondu en Espagnol, Zidrou a assuré la traduction. Tout en ne se privant pas, pour le coup, de rajouter quelques petites réflexions piquantes.

Bonjour Zidrou, bonjour Mai, comment vous sentez-vous le jour de la parution de cet album ?

Zidrou : Je suis blasé… non je rigole. Je suis très heureux de cette aventure, parce que personne ne voulait de ce scénario. On ne voyait pas où je voulais en venir. Et puis, j’ai rencontré Mai. Et à un moment donné, dans votre tête, alors que vous rentrez à l’hôtel ou vous prenez le train, ça fait BLAM: Bien sûr! C’était Mai qu’il me fallait. Et j’ai eu raison, par son côté féminin, ses couleurs, elle a apporté quelque chose qui fonctionne bien, peut-être même mieux que si cet album avait été fait par un dessinateur plus expérimenté. Il ne faut pas oublier que c’est son premier album. J’ai eu une sorte de prédiction, en fait. Qui s’est réalisée.

Puis, vous savez, j’aime bien écrire des histoires que personne d’autre n’aurait pu écrire. À quoi ça sert de faire un album sinon ? C’est d’ailleurs un peu le problème de la musique actuelle, on mélange, on ne sait plus si c’est Rihanna ou une autre qui chante, c’est uniformisé. Je suis très content du résultat ici, c’est pour ça que j’écris un deuxième scénario.

Mai Egurza : J’ai appris énormément. J’avais très peur de travailler avec Zidrou (il rajoute : « un auteur échappé de l’asile ») et avec le plus grand éditeur espagnol, Norma.

Zidrou, vous faites, en marge de votre livre, une véritable déclaration : « Aux amours hispano-belges ». Après Lafebre, Oriol, voilà Egurza. Les dessinateurs espagnols apportent quelque chose en plus ?

Zidrou : Non, les Espagnols sont meilleurs au lit. Femme comme homme, ce sont vraiment des amants exceptionnels… (rire).

Non mais pendant toutes ces années où j’essayais de vendre des scénarios dont personne ne voulait – ça fait un peu misérable ce que je dis là, mais c’est la vérité -, j’ai essayé avec des dessinateurs d’ici, en Belgique. Puis, j’ai eu l’intelligence, quand j’ai commencé à parler espagnol plus convenablement d’aller chercher des jeunes talents en Espagne. Avec Jordi, en premier, qui m’a, par après, présenté un tel et un tel, et voilà. Maintenant, ils rigolent au salon de Barcelone! Bientôt, ils devront faire un badge « auteur », un badge « visiteur » et un badge pour les « auteurs de Zidrou ». Bref, j’ai sympathisé avec beaucoup. Et Mai en fait partie.

Lydie Peau de l'ours

Puis, comme j’habite en Espagne, c’est plus facile. Je suis d’abord allé chercher les dessinateurs et maintenant, ils viennent me chercher. Je n’ai qu’à me réjouir. Et Norma, comme Rue de Sèvres, me traite magnifiquement bien.

Et vous, Mai, c’est votre premier album, comment avez-vous trouvé votre style ? Votre identité ?

Mai : J’ai lu le scénario (Zidrou fait mine de s’éponger le front, « ouf ! »), fait les crayonnés des personnages. Et ai négocié comment les faire.

Les Promeneurs sous la Lune Zidrou Egurza Linh

Zidrou : Elle a eu plus de mal avec le personnage masculin principal. Je voulais qu’il soit tendre, touchant, pas macho, qu’il puisse à la limite prendre un bébé dans ses bras. Mai en avait fait un viril !

Les Promeneurs sous la Lune Zidrou Egurza Napoleon

Mai : J’ai fait normalement, dans l’ordre des choses.    

Zidrou : Elle était quand même très angoissée, elle venait me trouver après chaque planche. Puis, au fur et à mesure, elle s’est affranchie. Comme (il accompagne la parole du geste) un petit oiseau qui déplie ses ailes et fait de petits mouvements très rapides pour ne pas tomber. Puis, il les déplie plus largement et prend son temps et fait de plus grands battements. Maintenant, Mai a commencé le prochain bouquin, elle m’a montré les premiers dessins, j’ai fait Waow ! Mai a gagné indéniablement en assurance.

Oui, parce que travailler avec un(e) jeune premier(e), il y a un risque, non ?

Zidrou : Oui, mais c’est normal. C’est bien pour moi aussi, à 52 ans, de travailler avec des jeunes. Ça me donne l’impression de l’être encore un peu.

La nuit, pour vous c’est quoi ?

Zidrou : Beaucoup de choses.

Mai : Le mystère. Je suis insomniaque donc je ne dors pas beaucoup pendant la nuit.

Zidrou : Et ça c’est une coïncidence, je ne le savais pas, je l’ai appris par après. Elle ne dort pas beaucoup, donc elle vit de la nuit, elle travaille la nuit, elle veille très tard.

Mais alors, Mai était en accord avec ses personnages ?

Zidrou : Mais oui, c’est ça qui est bizarre. C’est un heureux hasard.

Mai : Il y a une vignette dans l’album où la gamine sort en baillant. Hé bien, je baillais en la dessinant.

Les Promeneurs sous la Lune Zidrou Egurza ombre

La fiction a donc rattrapé la réalité ?

Zidrou : Oui, c’est très étonnant. Le scénario était écrit sans connaître Mai. Mais ça m’était aussi déjà arrivé par le passé. Je passe le scénario à un dessinateur inconnu qui me dit : « Mais qui t’a dit ça sur moi ? » Pourtant, personne ne m’avait rien dit. Ce sont des hasards très intéressants.

Avec, ici, une histoire singulière. Une épidémie de somnambulisme. Comment est née cette idée ?

Zidrou : Le thème du somnambulisme me travaille depuis longtemps. J’avais déjà voulu l’aborder dans un projet antérieur – qui n’était pas très bon et fut abandonné – mais ça revenait, ça me taraudait. Et puis, j’ai retravaillé sur le scénario.

Finalement, quand on fait de la BD, on cherche de belles images, en fait. Et des somnambules se promenant sur les toits, ça pouvait être assez impactant. Ça pourrait même faire un beau dessin-animé, peut-être plus ado. Peut-être, irait-on chercher un côté plus Miyazaki. Mais, c’est assez bizarre la manière dont je travaille: je vais, je viens à l’ordinateur. Certains scénaristes ont besoin de tout prévoir, un synopsis 1, 2, 3… Moi, non, j’avais besoin de gens sur des toits, ce que j’ai fait. Et tout le reste se met en place via des connections, bien malgré moi. Cette fois-ci, ça a vraiment été ça.

À l’heure de certaines grandes épidémies (Ebola, les grippes…), n’est-ce pas une bien belle et magique épidémie que vous proposez là ?

Zidrou : Mais, elle est réelle, hein ! On n’en parle pas beaucoup dans les médias mais elle est réelle. Pas comme Ebola, c’est une épidémie lente. Un peu comme l’intelligence, une épidémie trop lente ! Mais c’est tout à fait réel, plein de gens en souffrent. Environ 2 millions.

Bon, ça c’était l’emballage pseudo-scientifique qui me permettrait d’expliquer et de faire passer la pilule du mode de contagion. Je me suis rendu compte que c’était une matière de traiter des faits socio-politiques, de parler un peu de notre société. Sinon, je n’aurais jamais eu qu’un homme qui entrait dans la chambre de la fille. Non, pour que ça marche il fallait que l’héroïne soir aussi somnambule.

Et au final, tout le monde est contaminé.

Zidrou : Je le crains. Tout le monde va devenir somnambule. Toi aussi, puis, on te verra tomber. (mine de dégoût)

Les Promeneurs sous la Lune Zidrou Egurza double planche

Des scientifiques un peu fous aussi.

Zidrou : Oui, mais je pense que finalement c’est un album assez léger. Même le thème lourd de la question du réveil citoyen est volontairement noyé dans une histoire d’amour, posée. Je ne voulais pas d’accélération de rythme. Un tempo lent et c’est venu.

Quelles difficultés avez-vous rencontrées, Mai ?

Mai : Je ne comprenais pas ce que je devais raconter.

Zidrou : Comme les éditeurs. Elle ne comprenait pas qu’on puisse être dans le réel et aller marcher sur les toits. Elle est Basque. Et je pense que les Basques comme les Catalans, sont plus rationnels que les Belges.

Mai : Oh merci ! Mais sinon, il y a des moments que j’ai adorés, comme le cauchemar de Light, l’ami de Napoléon. J’ai bien aimé rendre de façon subjective le procès des deux policiers devant le conseil de discipline.

Zidrou : Elle a super bien fait ça. Là, on voit qu’elle était déjà plus avancée dans la BD. Ce qu’elle a fait n’était pas dans le scénario, mais elle a super bien rendu cette scène. C’est elle la metteuse en scène, c’était important qu’elle transforme.

Un scénario à suivre à la lettre, c’est ridicule. On s’en fout de mon scénario, ce qui compte c’est l’histoire, terminée. S’il faut changer des choses, je change. On améliore. Mais si c’est en mieux, quand même. Si la solution amenée me paraît moins bien que la mienne, on garde la mienne. Je n’ai aucun problème à revoir des scènes.

Mai : Ce qui m’a sans doute le plus plu et appris, c’est apporter des choses de moi-même à l’histoire.

Puis, il y a ces intermèdes, au nombre de 4 comme les phases du sommeil (Somnolence, Sommeil Léger, Sommeil Profond, Sommeil Paradoxal), illustrés par une aquarelle d’une scène de conte.

Zidrou : Mai a choisi de les faire en aquarelle. J’avais proposé autre chose mais elle préférait ça. Le chapitrage, sinon, je le voulais depuis le début, avant même de savoir que le héros allait être policier. C’était l’occasion, je ne sais pas, mais je le voulais.

Les Promeneurs sous la Lune Zidrou Egurza Blanche Neige

Pourquoi ces contes ?

Zidrou : Au départ, j’avais proposé de reprendre des anciennes gravures libres de droits issues de contes. Comme Mai a voulu faire ses propres illustrations. Mais sinon, le sommeil est un grand classique dans les contes.

Dans beaucoup de contes, le sommeil est important. Il est le principe même des Mille et une nuits. Il faut que j’aille relire ce qu’est vraiment ce principe de sommeil qui est valable dans tellement de contes. Pas seulement la mort. Même, l’ogre dort.

Cette ode à la nuit, cette poésie qui commence le bouquin. Pourquoi ?

Zidrou : En fait, je suis très pote avec Bob Dylan… Non, je déconne. Mais je ne sais pas, c’est sorti comme ça. Quand ça sort, ça sort tout seul, c’est dramatique.

Les Promeneurs sous la Lune Zidrou Egurza Nuit ô ma nuit

C’est ce qui fait votre rapidité à proposer tant de scénarios différents alors ?

Zidrou : Ah oui ça je peux être rapide. Je peux faire un album en une semaine… en ne travaillant que le matin. Mais si je veux voyager autant, ça doit être comme ça, si je veux jouer au tennis, aller dans ma piscine. Quand je peine sur une histoire, ça veut dire que c’est moins bon. Mais, il y a aussi les scénarios dont je sais dès le départ qu’ils seront plus compliqués. Mais ici, ce scénario, je l’ai fait en approximativement deux semaines. Je dis approximativement parce que je m’occupe aussi d’autres choses. Sur certains scénarios, je dis à l’éditeur qu’il me faudra au moins un mois.

C’est comme les recettes de cuisine, tu es professionnel, tu sais le temps qu’il te faudra, c’est le métier. Parfois, tu as une mauvaise surprise – ça vient de m’arriver -, parfois, tu en as de bonne. Tu as des interruptions pour aller à un Salon, ça te coûte une semaine, au lieu des trois semaines prévues, je boucle le scénario en quatre semaines et demie. Parfois, tu crois que ça n’ira pas, et ça vient tout seul.

Vous disiez, il y a déjà quelques années, vouloir vous diversifier. À cause de la crise de la BD, notamment ?

Zidrou : Oui, et non. Il y avait une envie de vraiment me diversifier. De ne pas devenir un gagman, on me proposait des séries chez Bambou notamment. C’est très bien mais je ne voulais pas reprendre telle ou telle série pour Spirou, faire éternellement du Tamara, du Ducobu ou du Margot et Oscar Pluche. Cette autre chose vers laquelle je tendais, je la portais en moi. Je le savais, j’avais déjà signé quelques récits complets pour Spirou. Et, au final, j’y suis arrivé, mais ce ne fut pas facile.

Maintenant, on veut que je fasse des trucs et je leur balance ce nouvel album à la figure. Ceux qui disent (il imite) : « Ah j’ai bien aimé La peau de l’ours. Ah, les folies bergères. » Tiens, prends-toi Les promeneurs sous la Lune. Moi, j’ai envie de faire des choses variées. Ça ne veut pas dire que je ne ferai pas La peau de l’ours 2. Mais, moi aussi j’apprends sur cet album, en travaillant avec Mai.

Finalement, on est à une époque où les réseaux favorisent la distance, on peut faire une BD d’un bout à l’autre du monde, sans pour autant se voir. Comment le vivez-vous ?

Zidrou : Ça, ce contact, ça m’a manqué ces dernières années. Il y a quelques dessinateurs que j’aurais voulu (re)voir un peu plus ou que je n’ai tout bonnement jamais vus ! J’ai, d’autant plus, envie de les voir dans ces prochains mois, qu’après je me vois bien prendre mon ordinateur et m’installer ailleurs quelques mois. Comme si je me disais, je veux écrire un scénario sur l’Inde, et j’y pars deux mois. Ca veut dire qu’avant je dois voir les éditeurs et les dessinateurs. Il y en a un, je ne sais même pas à quoi il ressemble. Un autre, je ne l’ai vu qu’une fois.

Il y en a un, c’est le sommet, c’est Benoît Springer. Je l’ai croisé une fois, à un repas Futuropolis. C’est là qu’on a signé le contrat. Alors, l’album qu’il vient de me faire, de me dessiner (ndlr. à paraître), c’est comme si les images que je voyais dans ma tête étaient sorties par son crayon. Je l’ai vu une fois. Donc, je veux absolument le revoir. Même si, bien sûr, on se téléphone et on se maile. C’est le genre de dessinateur dont tu n’entends rien pendant quelques temps puis ça défile et tu vois arriver la page 1, la page 2, la page 3, la page 4. Et quand j’ai vu tout, je me suis dit que ce n’était pas possible. Alors je ne sais pas ce qu’il fait après, mais on est obligé d’en refaire un troisième. Il n’a pas le choix. Ça, ce sont les miracles de mon métier.

Les Promeneurs sous la Lune Zidrou Egurza docteur

Il y a eu des miracles avec Les promeneurs sous la Lune?

Zidrou : Quand je vois cette case avec les juges et que je dis : Bien ! Tu sais quand le dessinateur a fait encore mieux que ce que tu pouvais espérer, que la planche est vraiment réussie. Ou quand je reçois l’album et que je me retrouve à le relire, alors que pourtant j’ai déjà dû relire et corriger les pages pour les traductions orthographiques – parce qu’avec les espagnols… (rire). C’est bingo quand je suis repris par l’album. Si même moi je suis repris par l’album… Là je l’ai lu et l’ai même relu.

Un comité de lecture?

Non, mais une fois fini, je passe l’album à ma femme. Et là, j’attends sa réaction. Ça a un côté girly, ma femme a beaucoup aimé. Même les enfants. Parce que parfois, ils ne se gênent pas : « Ça c’est vraiment pas terrible papa. » Ou alors, l’inverse parfois : « – Papa, tu as déjà le 2 ? – Pourquoi, tu veux lire le scénario ? – Oh oui, je peux ? » Ici, ils espèrent vraiment une suite. Pourtant c’est un conte quoi, pour les filles !

Finalement Mai, on ne vous connait pas. Quel est votre parcours ?

Mai : J’ai illustré beaucoup de contes pour enfants. Puis du design pour des personnages d’animation. Et avec un peu de chance je ferai plus d’albums de bande dessinée…

Mai Egurza illustration

Zidrou : … surtout avec Zidrou qui est un garçon charmant ! (hilarité)

Mai : Peut-être avec d’autres aussi.

Zidrou : Ah moi je ne suis pas jaloux. Mais, tu me fais d’abord le mien quand même.

Ça a éveillé chez vous une volonté de faire plus de BD ?

Mai : Déjà, j’ai toujours rêvé de faire de la BD. Depuis Angoulême et avant ma rencontre avec Zidrou, j’ai eu une opportunité avec un autre auteur. J’étais très lente et pas préparée, je ne me suis pas lancée dans ça. Une bande dessinée de 100 pages. Je ne l’ai pas fait.

Cette fois-ci, non plus je n’étais pas préparée. Pour le prochain, je serai mieux préparée.

Zidrou : Je suis déjà sûr qu’elle fera un album supérieur. Ce sera encore un conte pour fille.

Oui, peut-être, mais qui plaira quand même à tout le monde!

Zidrou : Bon ok, si tu veux, je rajouterai une scène de sexe.

Mai : Mais j’ai eu l’aide d’un ami, Alex. J’ai beaucoup de mal avec les décors modernes et réalistes. Les voitures, etc. Ce n’était pas une histoire écrite pour moi.

Zidrou : Elle a dû tout apprendre, les couleurs, les personnages. Elle s’est parfois faite aider via un logiciel préparant les décors. Enfin, le prochain, c’est un palais oriental, ça ira mieux.

Avec cette difficulté supplémentaire, que c’est de… nuit ?

Mai : Non, comme c’est très obscur, ce n’est pas un problème. Plus avec l’agencement spatial, comme j’ai un problème pour me situer dans l’espace.

Quels sont vos projets respectifs ?

Mai : Encore un album avec ce chouette et talentueux scénariste qu’est Zidrou. (elle taquine Zidrou)

Mai Egurza prochain album

Zidrou : Ouf !

Moi, un projet avec un oiseau qui a appris à voler tout seul (clin d’œil à Mai). Voyager, écrire des scénarios. Ric Hochet, qui devait être un Vu par… mais qui sera le premier de la nouvelle série. J’ai encore plein de projets. J’ai plein de choses que je n’ai pas encore faites. J’ai envie de refaire de l’humour. En humour adulte, j’ai juste fait, pour le moment, Djizus chez Fluide Glacial. J’ai envie d’y retourner. Notamment avec Futuropolis, avec un projet à la Trois hommes dans un bateau. C’est de l’humour, tu ne t’esclaffes pas, c’est léger. Pas trop British non plus. Puis de l’heroic fantasy pourquoi pas ? De l’horreur aussi.

Défis perpétuels ?

Zidrou : Oui, parce qu’à côté je dois continuer Tamara, Ric Hochet…Je veux faire des choses différentes et surprenantes. J’ai un projet d’album OVNI qui ne ressemble à rien. Mais pour ça, je dois trouver un dessinateur qui ne ressemble à rien. Sinon, je vais aussi relancer une troupe de marionnettistes à Ronda puis on m’a demandé d’écrire des chansons. Je n’aurai pas le temps de m’ennuyer, je crois.

Le travail de Mai est à retrouver sur son blog ou son facebook

Les promeneurs sous la Lune, par Zidrou et Mai Egurza, Rue de Sèvres, 72p., 14€

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Cultureux vorace et journaliste avide, je me promène entre découvertes et valeurs sûres, le plus souvent entre cinéma, musique et bandes dessinées mais tout est susceptible d'attirer mon attention :)

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