Les indemnités kilométriques permettent d’évaluer les frais engagés lorsqu’un salarié ou un dirigeant utilise son véhicule personnel pour un déplacement professionnel. Le calcul repose sur trois éléments : la puissance fiscale du véhicule, la distance parcourue pour le travail et la tranche correspondante du barème kilométrique. Péages et stationnement peuvent s’ajouter séparément, à condition d’être justifiés.
La méthode paraît simple, mais le résultat dépend aussi du statut de la personne et de la façon dont le véhicule est comptabilisé. Un relevé précis des trajets évite les erreurs et facilite le remboursement des frais professionnels comme la déclaration fiscale. Voici les règles à vérifier avant de calculer le montant dû.
Calcul des frais kilométriques : puissance fiscale, distance et barème
Pour déterminer le montant des frais de déplacement professionnels, il faut d’abord distinguer les kilomètres liés à l’activité des trajets personnels. La distance retenue correspond aux déplacements effectivement réalisés pour le travail : rendez-vous client, visite de chantier, intervention sur un autre site ou réunion dans un lieu différent du bureau habituel. Le trajet domicile-travail relève de règles particulières et ne doit pas être automatiquement ajouté au total.
Le calcul s’appuie ensuite sur la puissance fiscale, exprimée en chevaux fiscaux (CV), indiquée à la rubrique P.6 de la carte grise. Enfin, il faut choisir la tranche de kilométrage annuel adaptée. Le barème distingue les voitures selon leur puissance et leur distance annuelle ; au-delà de 7 CV, la ligne « 7 CV et plus » s’applique. La motorisation thermique ou hybride ne modifie pas les coefficients ordinaires du barème automobile.
La formule à appliquer au kilométrage professionnel
Dans les formules ci-dessous, d désigne la distance professionnelle totale parcourue pendant l’année. La somme obtenue couvre forfaitairement plusieurs dépenses liées à l’utilisation du véhicule. Il ne s’agit donc pas de multiplier chaque trajet par un taux choisi librement : le coefficient et l’éventuelle part fixe dépendent de la tranche annuelle atteinte.
| Puissance fiscale | Jusqu’à 5 000 km | De 5 001 à 20 000 km | Au-delà de 20 000 km |
|---|---|---|---|
| 3 CV et moins | d × 0,529 | (d × 0,316) + 1 065 | d × 0,370 |
| 4 CV | d × 0,606 | (d × 0,340) + 1 330 | d × 0,407 |
| 5 CV | d × 0,636 | (d × 0,357) + 1 395 | d × 0,427 |
| 6 CV | d × 0,665 | (d × 0,374) + 1 457 | d × 0,447 |
| 7 CV et plus | d × 0,697 | (d × 0,394) + 1 515 | d × 0,470 |
À titre d’exemple, pour une voiture de 5 CV et 5 000 kilomètres professionnels, le calcul donne 5 000 × 0,636, soit 3 180 euros. À la limite de la tranche suivante, la formule intermédiaire produit le même montant : (5 000 × 0,357) + 1 395 = 3 180 euros. La part fixe permet d’assurer la continuité entre les tranches.
Vérifier les frais qui peuvent être ajoutés
Le barème intègre notamment les dépenses courantes d’usage du véhicule, mais certains frais restent à part. Les péages et le stationnement peuvent être ajoutés au montant calculé lorsqu’ils sont engagés pour le déplacement professionnel et accompagnés de justificatifs. Les intérêts d’un emprunt lié à l’achat du véhicule peuvent également être pris en compte au prorata de l’usage professionnel, selon le statut et le régime fiscal concernés.
- Notez chaque trajet avec sa date, son point de départ, sa destination et son motif professionnel.
- Conservez les preuves des frais annexes, comme les tickets de péage et les reçus de parking.
- Écartez les kilomètres personnels et vérifiez que le total annuel correspond aux déplacements réellement effectués.
Un simulateur en ligne peut servir de contrôle après le calcul manuel. Il ne remplace toutefois ni les justificatifs ni la vérification du barème applicable à l’année concernée : les frais doivent être rattachés à la bonne période de déclaration.

Montant des indemnités kilométriques : exemples et véhicule électrique
La formule donne un montant annuel estimatif, et non une somme identique pour chaque kilomètre quelle que soit la distance. Lorsque le kilométrage augmente, le coefficient moyen peut diminuer, car le barème applique des formules différentes selon les tranches. Il faut donc calculer la distance professionnelle annuelle avant de choisir la ligne correspondante.
Deux cas de calcul pour une voiture thermique
Une consultante utilisant une voiture de 5 CV pour 12 000 kilomètres professionnels relève de la tranche intermédiaire. Le calcul est le suivant : (12 000 × 0,357) + 1 395 = 5 679 euros. Rapporté au kilométrage, cela représente environ 0,47 euro par kilomètre, avant l’ajout éventuel des péages et du stationnement justifiés.
Pour un véhicule de 6 CV parcourant 8 000 kilomètres à titre professionnel, le montant est de (8 000 × 0,374) + 1 457, soit 4 449 euros. Ces exemples illustrent l’effet combiné de la puissance fiscale et de la distance parcourue. Ils ne constituent pas un remboursement automatique : l’entreprise doit vérifier que les déplacements ont bien été réalisés pour son activité.
Majoration applicable à un véhicule entièrement électrique
Le montant du barème est majoré de 20 % pour un véhicule 100 % électrique, selon les règles fiscales applicables. La majoration concerne également les deux-roues électriques éligibles ; elle ne doit pas être confondue avec un barème carburant. Pour une voiture de 5 CV ayant parcouru 10 000 kilomètres professionnels, le calcul de base donne (10 000 × 0,357) + 1 395, soit 4 965 euros. Après majoration, le montant atteint 5 958 euros.
Cette majoration est appliquée au résultat du barème, et non à la distance ou à chaque dépense prise séparément. Les frais de recharge et la location de batterie sont pris en compte selon le régime concerné : il convient donc d’éviter de déduire deux fois une dépense déjà couverte par le mode de calcul choisi. Pour un véhicule hybride, la majoration réservée au 100 % électrique ne s’applique pas.
Deux-roues : un barème distinct
Les motos et scooters de plus de 50 cm³ relèvent de coefficients spécifiques, avec des tranches exprimées jusqu’à 3 000 kilomètres, de 3 001 à 6 000 kilomètres, puis au-delà. Les cyclomoteurs de 50 cm³ ou moins disposent également d’une formule dédiée. Il faut donc éviter d’utiliser le tableau automobile pour une moto, même si les déplacements et les justificatifs sont établis de la même manière.
Le forfait mobilités durables est un dispositif distinct : il vise certains modes de déplacement, notamment le vélo ou le covoiturage, selon les conditions en vigueur. Il ne remplace pas le barème kilométrique applicable à l’utilisation d’un véhicule personnel et les règles de cumul doivent être vérifiées avant le remboursement.
Remboursement des frais professionnels, statuts et justificatifs
Les indemnités kilométriques concernent l’utilisation d’un véhicule personnel pour les besoins de l’activité. La situation diffère selon que la personne est salariée, dirigeante ou entrepreneuse individuelle. Dans tous les cas, le montant doit correspondre à un usage professionnel réel et documenté : un forfait sans lien avec les trajets effectués risque d’être traité comme une rémunération plutôt que comme un remboursement de frais.
Salarié et dirigeant : vérifier le cadre applicable
Pour un salarié, les déplacements professionnels réalisés avec son véhicule personnel peuvent donner lieu à une prise en charge par l’employeur selon les règles applicables dans l’entreprise. Le remboursement et la déduction des mêmes frais dans la déclaration de revenus ne se cumulent pas. Le salarié qui choisit les frais réels doit tenir compte des sommes déjà remboursées afin d’éviter une double déduction fiscale.
Un président de SASU ou un gérant de SARL ou d’EURL peut, sous certaines conditions, obtenir le remboursement de déplacements professionnels réalisés avec son véhicule personnel. Le véhicule ne doit pas être traité simultanément comme un bien de la société pour les mêmes dépenses. Les modalités comptables et sociales dépendent de la situation précise, notamment du statut du dirigeant et de la comptabilisation du véhicule.
Pour les entrepreneurs individuels, les options varient selon le régime fiscal. En BNC, le barème kilométrique peut être choisi sous réserve de respecter les règles applicables ; ce choix exclut alors la déduction séparée des dépenses déjà couvertes par le barème. En BIC, le traitement repose généralement sur les frais réels, avec des règles spécifiques pour certains régimes de comptabilité simplifiée. En micro-entreprise, l’abattement forfaitaire tient compte des charges : les frais professionnels ne sont pas déduits une seconde fois au réel.
Trajets entre le domicile et le lieu de travail
Le trajet habituel entre le domicile et le lieu de travail ne se traite pas comme une mission effectuée pour l’employeur. Pour la déduction des frais de transport dans la déclaration de revenus, une distance domicile-travail supérieure à 40 kilomètres à l’aller est soumise à des conditions particulières : la distance supplémentaire doit être justifiée par des circonstances spécifiques. Les règles de remboursement par l’employeur et celles de la déduction fiscale ne se confondent pas ; mieux vaut examiner séparément chaque situation.
Avant d’intégrer ces trajets au calcul, il faut donc déterminer leur motif, le régime concerné et les justificatifs disponibles. Un aller-retour quotidien ne devient pas automatiquement un déplacement professionnel du seul fait que le salarié utilise sa voiture personnelle. Cette distinction évite de gonfler artificiellement le kilométrage annuel.
Justificatifs de déplacement à conserver
Un relevé tenu au fil de l’année est plus fiable qu’une reconstitution tardive à partir d’un agenda. Il doit permettre de relier chaque déplacement à l’activité et au véhicule utilisé. Pour sécuriser les indemnités kilométriques, la note de frais peut indiquer :
- la date du déplacement et son motif professionnel ;
- le lieu de départ, la destination et la distance exacte ;
- la marque, le modèle et la puissance fiscale du véhicule ;
- les frais annexes et les pièces qui les justifient.
Les documents comptables et fiscaux doivent être conservés pendant la durée légale correspondant à leur nature. Une conservation organisée, accompagnée d’un relevé détaillé, facilite les vérifications en cas de contrôle. Les erreurs fréquentes sont l’absence de détail sur les trajets, le cumul de remboursements incompatibles, la déduction répétée d’une même dépense ou l’application d’un taux supérieur au barème.
Le choix entre barème et frais réels dépend enfin du coût réel du véhicule, de son ancienneté et du statut fiscal. Un véhicule amorti peut rendre le barème intéressant, tandis qu’un modèle récent ou coûteux à entretenir peut favoriser les frais réels lorsque le régime le permet. La comparaison doit porter sur l’ensemble des dépenses déductibles, sans oublier les règles d’exonération et l’interdiction de comptabiliser deux fois la même charge.
Où trouver la puissance fiscale de son véhicule ?
La puissance fiscale, exprimée en chevaux fiscaux, figure à la rubrique P.6 du certificat d’immatriculation. Elle sert à sélectionner la ligne correspondante du barème kilométrique.
Les péages et le stationnement sont-ils inclus dans les indemnités kilométriques ?
Ils ne sont pas compris dans le calcul forfaitaire de base. Ces frais peuvent être ajoutés lorsqu’ils sont liés à un déplacement professionnel et accompagnés de justificatifs.
Peut-on cumuler le barème kilométrique et les frais réels du véhicule ?
Les dépenses déjà couvertes par le barème ne doivent pas être déduites une seconde fois. Les règles varient selon le statut et le régime fiscal ; il faut vérifier les modalités applicables avant de choisir.
Quels trajets noter dans un relevé d’indemnités kilométriques ?
Il faut enregistrer les déplacements professionnels réellement effectués, avec leur date, leur motif, les lieux de départ et d’arrivée et la distance. Les trajets personnels doivent être exclus.



